Selon la Fédération iranienne de football (FFIRI), Mehdi Taj a décliné la proposition de réunion avec le Premier ministre canadien Mark Carney, demandée par des responsables canadiens. Cette décision fait suite au traitement « insultant » réservé à la délégation iranienne par les agents frontaliers, a révélé le porte-parole de la FFIRI.
Cet incident a eu pour conséquence de faire de l’Iran le seul pays absent du congrès de la FIFA, qui a rassemblé 211 membres à Vancouver jeudi. L’intégralité de la délégation iranienne a abrégé son séjour et regagné son pays.
Amirmahdi Alavi, porte-parole de la FFIRI, a détaillé les circonstances qui ont conduit M. Taj et ses collaborateurs à interrompre leur voyage dès leur arrivée à Toronto.
« À leur entrée sur le territoire, les autorités ont retenu la délégation iranienne pendant plusieurs heures, dans des conditions irrespectueuses », a confié M. Alavi aux médias iraniens.
Il a précisé que M. Taj avait été soumis à un interrogatoire de manière offensante concernant l’une des branches les plus prestigieuses des forces armées iraniennes. Cette allusion concerne clairement l’inscription du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur la liste noire canadienne de 2024, le qualifiant d’« organisation terroriste ».
« Le président de la fédération a réagi par une déclaration éloquente et profonde, affirmant que l’Iran compte 90 millions de membres au sein du CGRI, tous fiers de leur nation », a rapporté M. Alavi.
Le porte-parole a ajouté que la présence de M. Taj au Canada n’avait d’autre but que sportif, en sa qualité de vice-président de la Confédération asiatique de football (AFC).
« Les terroristes sont ceux qui ont massacré les enfants de Minab »
M. Alavi a fermement contesté la qualification de « terroristes » attribuée par le gouvernement canadien aux forces de sécurité iraniennes.
« L’appellation “terroriste” s’applique à ceux qui, dans une agression barbare contre notre pays, ont martyrisé près de 186 élèves de l’école Shajareh Tayyebeh à Minab. Ces martyrs, dont notre cher Makan Nasiri, toujours porté disparu à l’âge de sept ans, nous ne les oublierons jamais », a-t-il déclaré.
M. Alavi a indiqué que, durant le bref séjour de la délégation iranienne à Istanbul, lors de leur trajet de retour, le Secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafstrom, avait contacté M. Taj à deux ou trois reprises par visioconférence pour condamner les agissements du Canada.
« Le président de la fédération a critiqué la position timide de la FIFA, lui disant : si vous ne pouvez pas protéger le président d’une fédération, comment pouvons-nous être assurés que les joueurs ne subiront pas le même traitement ? », a rapporté M. Alavi.
Il a poursuivi en affirmant que M. Taj avait reproché à la FIFA d’être « trop intimidée par les États-Unis et d’acquiescer à toutes leurs exigences ».
D’après le porte-parole, la FIFA a depuis adressé une lettre officielle d’excuses, condamnant le comportement du Canada et invitant M. Taj à une réunion spéciale pour discuter des garanties à apporter à la participation de l’équipe nationale à la Coupe du monde, notamment en termes de sécurité pour les journalistes, les supporters, les joueurs et les officiels.
La FIFA est sous pression pour garantir une Coupe du Monde équitable
M. Alavi a souligné qu’un responsable du pays hôte avait lui-même admis que ses actions avaient été influencées par des médias liés au sionisme, diffusant de fausses informations.
« La FIFA doit désormais intervenir fermement pour défendre le droit à une Coupe du Monde sécurisée, une attente légitime de la communauté internationale », a-t-il conclu.
Les tensions diplomatiques et la guerre d’agression israélo-américaine contre l’Iran ont sérieusement compromis la participation de l’Iran à la Coupe du Monde 2026, coorganisée par le Canada, le Mexique et les États-Unis.
Le ministre iranien des Sports, Ahmad Donyamali, a récemment laissé entendre que l’équipe pourrait déclarer forfait en raison de l’insécurité, affirmant que « fondamentalement, les conditions de participation ne sont pas réunies ».
Les autorités iraniennes ont exigé des garanties quant au déploiement exclusif du drapeau officiel iranien lors des matchs, ainsi qu’à la sécurité des joueurs, des journalistes et des supporters.
Malgré la guerre, qui a entraîné une interruption de plus de 40 jours du championnat national, l’équipe nationale iranienne de football a poursuivi ses stages d’entraînement.
L’équipe a baptisé son convoi « Minab 168 » en hommage aux écoliers tués lors des frappes aériennes américano-israéliennes sur cette ville du sud de l’Iran, le premier jour de la guerre.
L’alliance américano-israélienne a déclenché une guerre non provoquée contre l’Iran le 28 février. L’offensive a notamment conduit au martyre du Guide suprême iranien, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi qu’à des frappes contre des installations nucléaires, des écoles, des hôpitaux et des zones résidentielles.
En riposte, les forces armées iraniennes ont mené une centaine de frappes dans le cadre de l’opération « Vraie Promesse 4 ».
La Coupe du monde de football se déroulera en juin et juillet au Canada, au Mexique et aux États-Unis. L’Iran a été placé dans le groupe B, aux côtés de l’Argentine et de deux autres sélections dont l’identité reste à déterminer.
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